Choisir la crémation ou l'inhumation pour ses propres obsèques ou pour
les obsèques d'un proche n'ayant pas eu le temps de faire connaitre son
choix est une décision personnelle et respectable quels que soient les
arguments avancés par chacun. Cependant, pour choisir en toute
connaissance de cause, il faut bien connaitre les différents aspects,
psychologiques, techniques, financiers et même écologiques que ce choix
entraîne. Sans disserter des lignes et des lignes sur un sujet qui a
fait débat depuis des siècles et continuera toujours à alimenter les
discussions des communautés familiales, religieuses, ethniques ou
citoyennes, nous nous permettons d'apporter ici un éclairage
professionnel étayé par une longue expérience nationale.
L'inhumation est bien souvent plus facile d'approche pour l'entourage
du défunt car elle est connue et reconnue comme traditionnelle dans
notre pays judéo chrétien. Le rite de l'inhumation est immuable depuis
des décennies et permet à l'entourage de suivre son proche à sa
dernière demeure au sein de la communauté des morts. Cette dernière
demeure est psychologiquement très importante pour l'être humain car
elle permet d'avoir un lieu de recueillement et de souvenir.
Bien que de plus en plus important en France, la crémation garde encore
pour certain d'entre nous ses interrogations légitimes ou non. La
crémation reste psychologiquement plus difficile à aborder
essentiellement, car en moins de deux heures, le corps du défunt passe
du cercueil à l'urne. Ce transfert physique terriblement visible
bouscule les repères de tout individu lors de la première crémation
vécue.
Souvent, la crémation est associée à la dispersion des cendres et donc
à la perte de repères ou de lieu de souvenir. Cela n'est pas exact
puisqu'il est possible de placer l'urne contenant les cendres du
défunt, dans ou sur une sépulture de famille (scellée sur le monument)
ou dans un site cinéraire (columbarium, cavurne, etc...) au sein du
cimetière municipal. D'ailleurs, la loi du 19 décembre 2008 est venue
renforcer cette démarche en donnant notamment aux cendres le même
statut que le corps humain et en interdisant de conserver les cendres
aux domiciles des familles.
Sur les arguments financiers ou écologiques, il est difficile aujourd'hui de départager, inhumation et crémation.
En
effet, la crémation coûte aussi chère que l'inhumation classique, car
la moyenne des taxes de crémation a énormément augmenté afin de couvrir
les infrastructures nécessaires pour répondre aux exigences communales
ou environnementales. Ainsi, le creusement d'une fausse ou l'ouverture
d'une sépulture existante est souvent moins onéreuse que la redevance
obligatoire de crémation.
Au niveau écologique, les deux pratiques semblent être au même niveau,
car si on prend en compte pour la crémation, la pollution atmosphérique
ou l'utilisation d'énergie fossile, il faut imputer à l'inhumation,
l'utilisation de l'espace ou l'extraction et le transport des granits
pour couvrir les sépultures.
Avant de prendre une décision pour soi ou pour son proche, il faut bien
peser le pour et le contre de ces deux pratiques et garder en tête que
ce choix est fait pour le défunt mais aussi pour ceux qui restent, qui
l'ont aimé ou connu.
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